Plus de bâtiment que d'architecture

logement sociaux


 

Depuis le Protectorat, l'architecture marocaine est passée par plusieurs étapes. L'avènement d'architectes marocains formés dans des écoles françaises allait permettre de réfléchir sur l'avenir de l'architecture marocaine.

"L'architecture est totalement autre chose que ce qui se fait pendant quelques années", indique M. Azelarab Benjelloun, architecte. Selon lui, le Maroc vit depuis 20 ans une grande vague de construction qui n'a rien à avoir avec l'architecture. Cette vague a négligé le côté esthétique de la ville. Le résultat a été un manque de cohérence et de coordination dans les réalisations. "Il y a eu cependant des exceptions", explique M. Benjelloun. Une évolution dans la réflexion architecturale a été observée. "Les architectes se sont rendu compte de la médiocrité qui se produisait dans l'édification de la ville". Le Discours de Sa Majesté le Roi Hassan II en 1986 est venu pour le rappeler. Il était destiné non seulement aux architectes mais aussi aux promoteurs et aux entreprises de construction. Après ce discours, les architectes se sont manifestés. Ils ont commencé par réfléchir sur l'avenir de l'architecture au Maroc. "Quelle école d'architecture et quel mouvement pouvons-nous mettre en place?", se demandaient-ils. Ces efforts n'ont finalement pas abouti à grand-chose. "La preuve c'est que jusqu'à aujourd'hui aucune école d'architecture marocaine n'existe encore", indique M. Benjelloun. Il y a eu par contre certains "petits" mouvements qui se sont distingués. Un mouvement moderniste avec des architectes tels que Aziz Lazrak, ou encore une production dite "romantique" qui puise ses sources dans le vernaculaire et le traditionnel.
Nombre de ces réalisations traduisent le souci de recherche à travers les styles, une expression propre, synthèse et dépassement tout à la fois. Ces "aventures" individuelles marquent une quête d'identité nouvelle. 
La recherche d'une propre culture architecturale s'est exprimée cependant bien avant, plus exactement dans les années 60 avec l'avènement de la première génération d'architectes marocains formés en France. Ces derniers ont opté pour des axes de recherches opposés. Mais leur action n'a fait que s'inscrire dans un élan général de modernité qui a entraîné le pays tout entier après l'Indépendance.

Le poids des dessinateurs


Jusqu'aux années 70, la plupart des réalisations étaient l'oeuvre d'architectes français. Ces architectes ont rivalisé de talent et d'objectivité pour réaliser les villes nouvelles et en particulier les avenues bordées d'immeubles et de bâtiments publics. Prost, Laprade, Pertusio, Laforgue.

. Tous ces noms étaient en quête d'une expérimentation architecturale. La reconstruction de la ville d'Agadir après le tremblement de terre allait permettre de créer quelque chose de nouveau. La capitale du Souss est devenu ainsi le laboratoire d'architecture.
Cette période a été caractérisée sur le plan technique par l'utilisation du béton brut de décoffrage. A partir des années 70, une recherche élargie à tous les matériaux nouveaux et aux techniques d'outre-Atlantique a été introduite. 
La construction des bâtiments administratifs principaux s'est développée. En même temps, la croissance démographique allait permettre une construction de logements plus importante que jamais. Cette situation, M. Abdelhamid Berrada, architecte, la décrite très bien: "Il y a eu plus de bâtiments que d'architecture". 
12% seulement de ces construction ont été l'oeuvre d'architectes, les 88% restant ont été réalisés par des dessinateurs ou des créateurs.
La créativité s'est trouvée donc dictée plus par un souci de satisfaire que de bien faire.
Aujourd'hui, en observant les constructions qui se réalisent un peu partout au Maroc, et plus principalement à Casablanca (La Colline, la Mosquée Hassan II, certains sièges de société.

"nous ne pouvons être qu'optimistes", explique M. Benjelloun. Malgré les freins qui s'opposent à une bonne réalisation architecturale, surtout au niveau des réglementations, les villes commencent en effet à assister à l'émergence d'oeuvres abouties.
 
 Auteur : Adil BOUKHIMA
 Sources : leconomiste.com
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Mehdi Magroud
Maitrise en architecture || Montréal - Canada -