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QUEL AVENIR POUR LES ARCHITECTURES DE TERRE AU MAROC

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Résumé :

Le problème de la conservation et de la réhabilitation des architectures de terre au Maroc se pose avec acuité. Tout au long des régions situées au-delà de l’Atlas, des constructions qui ont atteint un degré de qualité exceptionnelle et qui représente une grande diversité de l’habitat rural sont confrontées à d’innombrables problèmes.

L’héritage culturel composé essentiellement de demeures seigneuriales (Kasbahs), de villages communautaires (Ksour) et de greniers collectifs (igoudar) subit les conséquences d’une dégradation difficilement contrôlable mettant ainsi en péril le capital culturel de plusieurs générations par l’extinction de nombreux chefs d’œuvre. En effet, ces ensembles humains qui auparavant étaient structurés selon des règles communautaires subissent un processus d’éclatement suite à la rupture des liens qu’entretenaient les hommes avec leur milieu social et naturel.

Dès lors et face à ce constat accablant d’un patrimoine national délaissé, les instances marocaines ont pris conscience de la nécessité de prendre des dispositions pour atténuer l’effet de ce phénomène. Dans cette perspective et à travers notre responsabilité dans le Centre de Conservation et de Réhabilitation du Patrimoine Architectural Atlasique et Subatlasique -instance chargée de la conservation des architectures en terre au Maroc-, nous formulerons quelques réflexions sur les travaux de conservation et de revalorisation du patrimoine architectural vernaculaire. Ainsi que notre vision pour l’avenir des architectures de terre suite aux différents projets et aux nombreuses enquêtes en la matière.

Introduction

La question de l’éclatement des architectures en terre nous préoccupe déjà depuis des années et c’est une question qui est arrivée à maturité suite aux différentes actions de restauration, d’études et d’inventaires menés dans des régions des vallées présahariennes du Maroc. Ces travaux ont démontré d’une manière alarmante l’état physique très dégradé où se trouve l’architecture en terre. Elle est de plus en plus mal vue et mal considérée par les populations concernées et les autorités. Elle est considérée, en outre, comme un élément négatif qui freine l’évolution sociale et économique.

1. ACTIONS MENEES AU MAROC EN FAVEUR DES ARCHITECTURES DE TERRE

1.2. Travaux de restauration

Des initiatives ont été entamées depuis les années soixante du siècle dernier pour la sauvegarde du patrimoine architectural en terre :

* le programme de rénovation des ksour réalisé par le ministère de l’Habitat et de l’Intérieur assisté du Programme Alimentaire Mondial ;

* l’inventaire des « kasbahs du sud » élaboré par le ministère de Culture ;

* le programme d’aménagement touristique des provinces d’Errachidia et de Ouarzazate ;

* L’inventaire systématique par photographies aériennes du patrimoine architectural de la vallée du Dra.

Déjà à l’époque du protectorat, des historiens, des ethnologues et même des officiers des Bureaux des Affaires Indigènes français s’intéressaient à l’architecture vernaculaire du sud du Maroc, notamment R. Montagne (Villages et kasbas berbères), Dj. Jacques-Meunié (architecture du Dadès), H. terrasse (kasbah de l’Atlas et des Oasis), etc.

En 1962 à Marrakech, l’ingénieur Alain Masson dirige une équipe qui va édifier en parpaings de terre stabilisée la cité Daoudiat. Cet ensemble de 2700 logements ultra- économiques constituera longtemps le plus vaste ensemble urbain contemporain construit avec ce matériau. (Dethier, p.52).

En 1967, avec Jean Hensens, Alain Masson entreprend à Ouarzazate, la réalisation d’un quartier d’habitat social conçu en pisé avec un système de coffrage métallique qui constitue le moule complet de toute la maison avec murs et voûtes. (Dethier, p.54).

Au début des années soixante-dix, le Programme Alimentaire Mondial (PAM) avait entrepris des travaux de restauration dans les ksour de la vallée du Dra : Assrir n’Illmchan, Laàroumiat, Tissergate, Zaouiat el Qadi, Rbat Lhjer, Kasbah n’Chachda, Ksar el Kaàba, Ksar Oulad Ouchah, Ksar Malal, ksar Tinzoline, Tamzmout. Les travaux avaient ciblé les remparts, les portes d’entrée, les tours, l’aménagement des bergeries collectives à proximité des Ksour, le déblaiement des ruines, le renforcement de la base des murs, l’écoulement des eaux pluviales, le renforcement des acrotères, le pavage des passages et des ruelles.

L’année 1987 sera une date importante pour l’architecture en terre des vallées présaharienne du Maroc. L’Unesco procédera à l’inscription du Ksar Aït Ben Haddou sur la liste du Patrimoine Mondial. Cette inscription consacre la valeur universelle exceptionnelle d’un bien culturel afin qu’il soit protégé au bénéfice de toute l’humanité.

Effectivement, le Ksar Aït Ben Haddou représente un lieu de mémoire chargé de messages culturels d’une valeur inestimable et reflète l’image des villages communautaires construits en terre et en briques crues. Il est l’expression des concepts et des modes de vie originaux. Et pour le sauvegarder, le ministère de la Culture a procédé entre 1987et 1989 aux travaux de réaménagement de la partie sudest de la Kasbah de Taourirt (patrimoine national depuis 1954) pour l’installation des locaux d’un nouveau Centre de Conservation et de Réhabilitation du Patrimoine Architectural des Zones Atlasiques et Subatlasiques. Cette institution qui a été créée suite au projet MOR/87/016 avec l'aide financière du PNUD et l’appui technique de l’Unesco a pour objectif principal de la préservation du patrimoine architectural.

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Auteur : Mohamed BOUSSALH

Centre de Conservation et de Réhabilitation du Patrimoine Architectural Atlasique et Subatlasique B.P. 253 OUARZAZATE

Tél. / Fax : 00212 24 88 30 47

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Fondateur et concepteur du Portail de l'Architecture au Maroc ArchiF.info Après 10 années passées dans les terres nord-américaines, Mehdi a été émerveillé par le travail bénévole des Occidentaux pour aider leurs concitoyens. Cette qualité humaine mélangée avec des connaissances qu’il a acquises dans le domaine de l'architecture et de la conception des sites web ont fait que le site est mis aujourd’hui à la disposition des communautés étudiantes et professionnelles en architecture.
Mehdi Magroud
Maitrise en architecture || Montréal - Canada -