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Casablanca: La variété jusqu'au désordre

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L'architecture de Casablanca se caractérise par une diversité des styles. Il y a une variété mais aussi un manque de coordination des constructions. La responsabilité est partagée entre Administration, architectes et grand public.

Centre industriel, coeur financier, poumon commercial et moteur économique du Maroc, Casablanca a tous les attributs formels d'une grande métropole: le rayonnement national et international, la densité, la population et l'étendue. Mais tous ces attributs sont pervertis par des problèmes multiformes qui transforment la capitale économique du pays en une grande cité urbaine "en voie de ruralisation", pour reprendre la formule d'un architecte. 
Aujourd'hui, l'évolution de cette ville semble échapper à beaucoup de monde et en particulier aux architectes.
"L'absence de cohérence et de coordination est devenue désormais la principale caractéristique de la ville", reconnaît l'architecte Lazrak Aziz. Les contradictions sont flagrantes. D'un côté, les quartiers résidentiels: Anfa et Aïn Diab se classent parmi les plus chics. De l'autre côté, dans ses pitoyables et innombrables bidonvilles s'entassent ceux qui fuient la misère des campagnes. Mais Casablanca c'est aussi un ensemble d'habitat "économique" traduisant l'échec de la politique de la ville. Peu de jardins, pas de terrains de jeux et pas de places publiques. 
La réalisation des logements neufs dans des lotissements fait appel à des modèles types "uniformément répétés", d'où une extrême monotonie qui marquent surtout les quartiers les plus économiques.
A l'inverse, les quartiers "anciens" (ancienne médina, Derb soltane) se sont densifiés de manière anarchique, sous la pression de la pénurie de terrain. Les réglementations n'ont pu résister aux exigences économiques et certains endroits de la ville donnent l'image d'un "désordre difficilement acceptable, estime M. Lazrak.

Laboratoire d'architecture


"La responsabilité est toutefois partagée, ajoute-t-il. Les administrations publiques ne font aucun effort pour permettre des expériences nouvelles". Le grand public est aussi montré du doigt: Il ne fait pas de bonnes critiques. Le résultat est la dominance d'une architecture de "grande banalité".
"Les architectes ont aussi une part de responsabilité", relève M. Rachid Andaloussi. Ils occupent rarement la place qui leur sied dans la sensibilisation et le conseil pour la prise de décision.
Souvent présentée à tort comme une cité sans passée, Casablanca a pourtant été fondée mille ans avant JC.
La construction d'un nouveau port en 1914 fut certainement à l'origine de l'extraordinaire ascension de la ville, renforçant sa vocation commerciale et entraînant son industrialisation.
Les premiers schémas-directeurs relatifs à l'organisation de Casablanca avaient été mis en oeuvre successivement par les architectes Prost en 1915, Ecochard en 1949 et Pinseau en 1984. La richesse architecturale de cette ville est attribuable à la diversité des styles. La référence arabo-musulmane dominante est liée à une architecture d'inspiration moderne. Ce style est reconnu à travers la continuité des couleurs, les formes simples, les ornements sans artifices.

. Mais Casablanca c'est aussi une architecture d'inspiration méditerranéenne: tuiles rondes et rouges, toitures à pente, murs débordants aux revêtements épais.

. La plupart de ces constructions remontent à l'époque du Protectorat.
A cette période, Casablanca à été considérée comme un laboratoire d'architecture. Les architectes français ont essayé de créer quelque chose de nouveau. "L'expérience a donné un patrimoine riche en constructions nouvelles, mais que très peu de gens ont su respecter", précise M. Andaloussi. Ce patrimoine est aujourd'hui en train de disparaître et ce, dans l'absence d'une véritable politique d'entretien et de sauvegarde. Dans ces conditions, "la sensibilisation s'impose plus que jamais", insiste M. Lazrak. Pour parvenir à des définitions justes de notre espace urbain, "il faudra multiplier les rencontres et les événements", ajoute-t-il. 
En outre, une organisation associative est également nécessaire. "Aujourd'hui dans l'état actuel des choses, on ne peut plus vivre sans un cadre associatif", relève M. Andaloussi.
 
 Auteur : Adil BOUKHIMA
 Sources : leconomiste.com
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Mehdi Magroud
Maitrise en architecture || Montréal - Canada -